Sur le portail creusois | Vue du ciel | Monument aux Morts | Insee 2006

 
 
 
 

VALLIÈRE
canton de Felletin

 

Département de la Creuse

 
   
Villages en 2001:

Bandy, La Besse, Le Boueix, Les Bouleaux, Le Brugeaud, Les Bruyères, La Chabassière, La Chaize, La Croix-Petite, Epagnat, Essarteaux, La Farge, Les Farges, Le Fraise, Fressanges, Les Garennes, Hugier, Hussard, La Lande, Lascaud, Lavaud-Hugier, Lavaud-Soubranne, La Lombrière, Le Mallard, Marvier, Mavaudier, Mazondry, Monteil-Ségur, Montoulier, Montourcy, Moulin-de-Gasne, Moulin-de-la-Mouline, Murat, La Perchade, Pierres-Aubes, Pimpérigeas, Planechaud,
Le Plat, Pont­Vallereix, La Prade, Puy-Judeau, Les Sagnes, La Seauve, La Souche, Sourliavoux, Truchassoux, Vaux,
Le Vert, Vialle, La Villeneuve.

Notice par A. Leclerc
Dictionnaire Topographique, archéologique et historique de la Creuse
chez Vve H. DUCOURTIEUX, Limoges, 1902.

VALLIÈRE

est une commune, dans le canton de Felletin, qui a 2,610 habitants.
Sa superficie est de 4,838 hectares, et son altitude au-dessus du niveau de la mer va jusqu'à 708 mètres.

Dans les siècles precedents son nom avait été écrit:

Vallaria en 626 (Charte de Royère).
Terminus Vallariensis, 631 (De Re diplo. suppl. 1464).
In vicaria Vallariensi, 998 (Cart. d'Uzerche).
Ecclesia Valera, 1097 (Baluze, Miscell, Il, 178).
Parrochia de Valleria, 1157 (Chatt. du Moutier-Rozeille).
Sic 1281 (Ch. de Blessac).
Prier et capellanus de Valeria, XIV° siècle (Pouillé).
De Valleria, 1301 (Ch. de Moutier-Rozeille).
1357, 1359 (D. Col. V.).
Valièyre, 1400 (Liv. des char. de Felletn).
Valière, 1504 (Terr. de Saint-Avit).
Paroisse de Vallière 1556 (Terr. de Blessac).

C'est au X°,siècle, et peut être avant, que se fit la division du territoire de Vallière entre deux paroisses, celle de Saint-Martin, et celle de Saint-Séverin.
Une bulle du Pape Urbain II, en date du 12 avril 1096, confirme à l'abbaye de Saint-Martial de Limoges la possession des églises de Vallière. Dès le XI°, siècle, cette abbaye y avait établi un prieuré, qui en 1215 avait à sa tète un seul religieux. En 1282 il fut réuni à d'autres offices, et en 1409 il était uni à la chambre du monastère de Saint-Martial. Sa fête patronale était celle (le Saint-Martin de Tours.
La cure de Saint-Martin de Vallière, était dans l'ancien archiprêtre d'Aubusson ; vers la fin du XVIII° siècle elle avait 3,000 communiants (environ 4,000 habitants). Les curés étaient nommés par l'abbé de Saint-Martial en 1482, 1656, 1657, 1659.

Adhémar de Tiviers était curé de Vallière au commencement du XIV° siècle.  Guillaume de Sandelis, vers 1157.
Jean du Genest, 1612. Pierre Marquet, 1623-1631. Georges du Brugeaud, 1631-1638.
Annet du Brugeau, 1618-1656. — François Faurve, 1657-1668. — Antoine Malbet, 1638-1689.
Léonard Ballot, 1689-1721. Claude Sallandrouze, 1725-1759.
Antoine-Blaise-Léonard Degas de la Combe, 1759-1793. Pierre Chirac, 1803-1813.
François-Gilbert Mergoux, 1810-1829.  Gilbert Jamot était curé en 1837 et 1844.
N... Fillieul fut nommé en 1846. Sylvain Bouteiller en 1856.  Jean Deslouis en 1880. Annet Gorse en 1881.

Il y avait dans l'église de Vallière une vicaire appelée de Saint-Jacques; elle avait été fondée avant 1348,
en l'honneur-de saint Jacques, par Jacque Vilastays.
Le droit de patronage qu'il avait laissé à ses descendants, passa des seigneurs de La Farge à ceux de Saint-Marc-à-Frongier et plus tard à la famille de Malleret.
Aussi voyons-nous « noble Jehan de Saint-Julien, seigneur de Saint-Marc, tant en son nom que avant droict de noble homme Loys de Malleret, seigneur de Flayat, son beau-frère » affermer le 2 octobre 1572 les biens dont le revenu servait de rétribution pour une messe célébrée le premier de chaque mois à l'autel de Saint-Jacques.

Il v en avait une seconde, appelée des Plats, qui était à. l'autel de saint Cosme et saint Damien. La famille Peschant de Malleret v nommait les titulaires.

Une communauté de prêtres existait dans cette paroisse dès 1487. Cette année Jeanne de Salaignac, veuve d'Antoine d'Aubusson, lui faisait une donation sur les rentes du tènement du Ludour.

L'église de Vallière est de la fin du XII° siècle, avec une élégante chapelle du XIV°.
 A la clef de_voûte de la troisième travée on remarque les armes de la famille d'Aubusson; elles sont aussi sur un tombeau placé dans la chapelle attenante. C'est probablement celui de Louis Il d'Aubusson qui mourut à la Villeneuve et fut enseveli dans cette église le 17 novembre 1534.
Cette église était anciennement entourée d'un cimetière élevé assez haut au-dessus des rues environnantes.
En l'abaissant pont, former une place, en 1861, on a découvert qu'au-dessous il en existait un autre beaucoup plus ancien. avec des sarcophages en granit, composés de deux pierres réunies de chaque côté, par un crampon en fer. Ces sarcophages très nombreux, ne conservaient alors ni leur couvercle, ni le moindre, débris des corps qu'ils avaient contenus. A l'intérieur, la place de la tête était indiquée par un espace réservé de forme trapézoïde. Sur un des montant de la porte de ce cimetière était placé un lion couché, assez finement sculpté; le socle qui le portait avait avait, 1m30 de longueur.

Il v avait dans la paroisse de Vallière une chapelle dédiée à saint Roch.

Vallière était habitée à l'époque gauloise et à l'époque romaine comme l'indiquent, différentes trouvailles d'objets de ces époques : le cimetière gallo-romain de Saint-Bonnet, sur la limite des communes de Saint-Yrieix-la-Montagne, et de Vallière, une hache en amphibole recueillie en mars. 1845, et des briques romaines que l'on trouve un peu partout.

A l'époque mérovingienne le nom de Vallaria se lit dans une charte relative à Royère, de l'an 626. Dans le même siècle on frappait monnaie à Vallière; deux tiers de sous d'or, conservés au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale portent son nom :
VALLARIA VICO FI.
Tête à droite. ceinte d'un bandeau de perles, buste vétu du pallium muni de sa fibule ainsi que du lambrequin.
Au revers:
+ GLAVIO MONITARI.
Croix latine à branches inégales, cantonnées sous les bras des deux lettres L. E. (Lemovicus).
Poids 1 gr. 15. Premier tiers du VII°, siècle.

VALLARIA. Tète informe, à droite, ceinte d'un bandeau terminé ait sommet par- une double bandelette affectant la forme d'un buste orné de perles.
Au revers + GLAVIONE MON.
Croix latine renversée. Poids 1 gr. 15. Fin du VII° siècle ou commencement du VIII°.

Au X° siècle Vallière était le chef-lieu d'une de ces divisions territoriales qu'on appelait alors vicairie.
Une charte de donation de l'église de Banise à l'abbaye d'Uzerche, spécifie qu'elle est in vicaria Vallariensi.

Le Cartulaire d'Uzerche nous apprend encore que vers 1048 Ramnulfe de Royère épousa la fille de Pierre de Vallière, fils de Jordan. On trouve aussi en 1445 Reignier de Saint-Julien qui est dit seigneur de Vallière.
Le bourg de Vallière possède encore une maison du XV° siècle, servant de mairie et d'école; elle fut bâtie pour le compte de Regnault de Magnat, prieur de Soumans, en 1475.
Le président Chorllon rapporte dans ses Mémoires la destruction du bourg de Vallière par un incendie, le 4 janvier 1676 : « Par l'impétuosité du vent, qui fut extraordinaire ce jour là dans toute la province, toutes les maisons furent incontinent toutes en feu. Il en fut brûlé entièrement de cinquante à soixante, et ne s'en sauva que deux ou quatre, eloignées des autres, et où le vent ne put pas porter le feu, ny flamme. On eust peine à garantir l'église. »
Quarante ans après, dans la nuit du 19 au 20 mai 1716, le feu consuma encore dix-sept maisons d'habitation, dans le bas du bourg, sans compter les granges et les étables.
Le 5 avril 1868 on a placé sur une fontaine monumentale, à Vallière, le buste en bronze du célèbre Pierre d'Aubusson, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et cardinal, mort le 3 juillet 1503. Pierre d'Aubusson cependant n'est pas originaire de Vallière. Son père, Raimond, n'appartenait pas à la branche de La Villeneuve, mais il était seigneur du Monteil-au-Vicomte.

M. Antoine Thomas a publié en 1896 une Notice historique sur Vallière, et M. Zénon Toumieux une autre plus étendue en 1901, dans le Bulletin de la Société archéologique du Limousin; je leur ai fait de nombreux emprunts.

Les villages de cette commune sont :

 
Baudy.
Bouchet (Le) ou Le Bosquet, qui n'était qu'un domaine
à la proximité de La Villeneuve;
a disparu au commencement du XIX° siècle
Bouix (Le) ou Le Buis était près de Las Cous, a disparu XVII°s.
Boussotte, n'existe plus.
Brot (La) ou mieux La Broc.
Brujau (Le).
*Chabassière (La), dont une partie était de la paroisse de Vallière, l'autre de celle de Saint-Séverin.
Chaise La).
Cous (Las), aujourd'hui Lascaux.
* Epagnat.
Essarteau.

*Farge (La).  Guillaume de La Farge, damoiseau,
était seigneur de La Farge et de Vallière en 1357.
Guillaume de Maignac était seigneur de La Farge en 1444. Antoinette de Maignac porta cette terre à Hector de Malleret vers 1486. Jacques d'Aubusson qui fut ensuite seigneur de La Farge mourut en 1505. Jeanne d'Aubuss vendit La Farge à Louise Daillon, veuve d'André de Vivonne,
et Charles de Vivonne, petit-fils de ces derniers,
la cédait à Jean de La Roche-Aymon en 1570.
François du Pouget de Nadaillac l'acquit en 1733, et ses descendants l'ont conservé jusqu'à la Révolution.
M. Z. Tournieux a publié en 1900
une notice très complète sur La Baronnie de La Farge.
Farges (Les).
Fargettas (Las).
Fraissanges.

Fraisse (Le). Il existe un menhir de faibles proportions,
à demi renversé, appelé : Pierre courbe, dans les bruyères du village de Fraisse près de la route d'Aubusson, dans un lieu élevé et complètement désert.
Garennes (Les).
*Ludour (Le). n'existe plus.
*Malard (Le), dont une partie était dans la paroisse de Vallière, l'autre dans celle de Saint-Séverin.
*Marvier.
Mas-Soubro (Le), qui a été absorbé par Vialle, était aussi appelé Le Puy-Soubro.
 

Mas-Voudier (Le). Les quatre villages de Masvodier, Las Cous, Le Fraisse et Le Brujau, ne dépendaient d'aucune seigneurie. Associés avec le bourg de Saint-Michel-de-Vesse et les villages de Courcelle, La Villotte, Les Conches (commune de Saint-Michel-deVeisse) et La Vallade (commune de Banize), ils formaient une communauté rurale dont le siège était au Masvoudier même et dont les membres n'avaient rien ou presque rien à envier aux bourgeois de la Borne, de Felletin, d'Aubusson ou d'Ahun. Ils étaient, en franchise, sujets directs du comte de la Marche, auquel ils payaient des droits fixes et qui devait leur faire administrer la justice au Masvoudier même, sans les obliger à aller jusqua' Aubusson ; ils s'administraient par une élection annuelle de conseils, deux à l'origine, quatre dans les temps qui ont precedé la Révolution.

La bailie du Masvoudier avait des privilèges authentiques du comte de la Marche, Jean de Bourbon, datés du 25 janvier 1363, et ces privilèges se bornaient à confirmer un état de choses antérieur, dont nous ignorons l'origine et qui existerait , depuis tant de temps qu'il n'est mémoire du contraire.

Mazeau (Le). n'existe plus.
Monplaisir, aujourd'hui Le Plaisir.
Monteil-Ségur (Le).
Montouillet.
Montoursy.

Montpeyroux, qui a disparu.
Moulin de la Gâne.
Moral.
Perchade (La).
Pimpérigeas.
Planechaud.
Plas (Le).
Pont-Valereix.
Prade (La).
Prapontus.
Puy-Judaud (Le).
Puy-Moulinet.

*Ramades (Les). n'existe plus.

 

Saint-Séverin faisait partie intégrante du bourg de Vallière.
Son nom n'a pas varié. On trouve :
Capellanus sancti Severini. XIV°,siècle (Pouillé).
Ecclesia sancti Severini prope Valeriam, 1407 (Cart. des Ternes).
Paroisse de Saint-Severin, 1557 (Terr. de Blessac).
Sainct Severin, près Valière, 1562 (Terr. de Saint-Quentin)
Saint Severin, 1580 ( Terr. de Felletin).

Saint Séverin était une cure de l'ancien archiprêtré d'Aubusson.
Son patron était Saint Séverin de Bordeaux, dont la fête est le 21 octobre,
Sainte Marguerite était aussi patronne secondaire.
Vers la fin du XVIII° siècle cette cure avait 240 communiants (environ 320 habitants).
Le chapitre, de la cathédrale présentait les curés et l'aquilaire les nommait.

Armer Ryvet était curé de Saint-Séverin en 1578.  Arnaud Rivet succéda au précédent. François Audoinet, en 1602, il eu pour successeur Jean Gourdon. Anne tJehan Rigondys, 1634-1636.  Germain Rigondys, 1637-1646.  Damien Faure, 1646. Jacques Cosse, 1656-1662.  Damien Faure, 1662-16914. François Cathy, 1696-1697. Pierre d'Auvergne, 1697-1732. Louis Masson, 1732-1735. François Defournoux, 1735-1752. Jean Moreau, 1753-1761. François Mortau, 1761-1764.  Léonard Moussard Dubreuil, 1764-1773. N... Cosse, 1773 1776. N... Chirac, 1777, 1793 et 1802.

L'église de Saint-Séverin a été vendue en 1825 et démolie en 1828.
Les villages de l'ancienne paroisse de Saint-Séverin sont ici marqués d'une *

Seauve (La).
Sourliavou.
Tuilerie-Favier.
*Truchassou.

Vau d'Ugier (La). Ce village est composé de trois agglomérations distinctes : La Vau, Le Gier et Le Puy-du-Gier.
On devrait écrire son nom : La Vau-du-Gier.
Vau-Soubrane (La).
* Vaux.
*Ver (Le).

Ussard, anciennement Gussard, n'existe plus.
Vialle.
Villeneuve (La), était dans la vicomté d'Aubusson. Depuis Ramnulfe d'Aubusson, en 1255 des membres de cette famille
se sont titrés seigneurs de La Villeneuve. Mais c'est Antoine d'Aubusson qui a été la tige des seigneurs de La Villeneuve,
ayant eu cette terre en apanage par acte de partage de juillet 1440. Il s'y établit la même année. Mort vers 14180, son fils Louis qui lui succéda, mourut en 1534. Ce fut ensuite Pierre d'Aubusson, mort vers 1550,
et enfin autre Pierre d'Aubusson qui testa en 1557.
La fille de ce dernier, Rose d'Aubusson, darne de La Villeneuve, porta cette terre à François-Jacques du Pouget de Nadaillac, en l'épousant 9 mai 1568. Aubusson porte : d'or à la croix ancrée de gueules, et Pouget de Nadaillac :
d'or au chevron d'azur, accompagné en pointe d'un mont de six coupeaux de sinople.Le chàteau de La Villeneuve en 1475 avait une grande tour qui comptait cinq étages. Il fut rebàti en 1606. Vendu par M. de Nadaillac après 1770, il devint plus tard la propriété de M. Francisque Rudel du Miral, né à Clermont-Ferrand en 1812,
qui y établit une ferme-école. Elle n'existe plus de nos jours.
 

   | Page précédente |

gendep23.org  2005-2008