R e t o u r    
 
 
PONTARION
Chef-lieu de canton
département de la Creuse
 
     
         
 
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Château
de Pontarion


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Vue générale
   

Villages en 2001:

Les Bruges, Le Château-Gaillard, Le Moulin.

Notice par A. Leclerc
Dictionnaire Topographique, archéologique et historique de la Creuse
chez Vve H. DUCOURTIEUX, Limoges, 1902:

PONTARION est le chef-lieu d'un canton dans l'arrondissement de Bourganeuf, comprenant dix communes:

La Chapelle-Saint-Martial, Janaillat, Pontarion, La Pouge, Saint-Éloy, Saint-Georges-la-Pouge, Saint-Hilaire-le-Château, Sardent, Thauron et Vidaillat. Sa superficie est de 19,749 hectares et sa population de 9,675 habitants.

La commune de Pontarion a une superficie de 517 hectares, et 464 habitants. Son altitude qui est de 431 mètres auprès de la rivière, s'élève au nord jusqu'à 504 mètres.

Le nom de cette commune a peu varié, mais il a été écrit différemment selon les époques. Ainsi on trouve : Prepositus de Ponte Arion en 1229 (Ch. du Moutier d'Ahun). - Apud Pontarion en 1242 (Très. des Ch. J. 324). - Villefranche de Pont-Arion vers 1259 (d'Hozier, Généal. Chamborand). - Castellania de Ponte-Riomi en 1313 (Ch. de la Chapelle-­Taillefer). - Senescallus de Ponteriomi en 1399 (Ch. des Ternes). - Martialis de Ponte Rion en 1447 (Ch de la Chapelle-Taillefer. - Annexa Pontisriomi en 1472 et 1483 (Coll. Gaignières, 186, p. 183, 184, 186, 188). - Pontharrion en 1343 (Reg par. de Bourganeuf). - Pont à Ryon en 1563 (Ch. de Blessac). - Ponthauryon en 1620, Pontharryon en 1610 (Reg. par.)

Pontarion était une cure dans l'ancien archiprêtré de Bénévent en 1376, 1395 et 1469 ; mais vers 1472, pour une raison qui m'est inconnue, elle ne fut plus qu'une succursale ou annexe de la cure de Thauron. On la trouve ainsi qualifiée en 1483, 1514, etc. Il en fut de même jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Sa fête patronale était, comme elle est toujours, celle de saint Blaise, évêque et martyr, qu'on célèbre le 3 février. À la fin du siècle dernier on y comptait 260 communiants, ce qui suppose une population d'environ 318 habitants.

Les curés de Pontarion étaient les mêmes que ceux de Thauron : Messire François Champeaux était curé de Thoron et Pontarion le 23 mai 1755. Jean Reymont, qui avait été nommé en 1768, avait pour vicaire, Jacques Reymont, lorsque la persécution religieuse les chassa de leur presbytère. Ils souffrirent l'un et l'autre pour la foi. En 1803, l'annexe de Thauron devint un chef-lieu de doyenné ecclésiastique. Le premier prêtre nommé curé-doyen fut Jean-Baptiste Lau­mont, né à Bourganeuf le 15 septembre 1753, prêtre toujours fidèle à ses devoirs pendant la Révolution. Forcé de s'expatrier pour fuir la persécution, lorsqu'il rentra dans sa patrie, il fut chargé de cette paroisse et la gouverna jusqu'en 1824, en desservant en même temps celte de Thauron. Joseph Mourellon qui lui succéda, mourut en 1837. André Gilbert fut ensuite curé jusqu'en 1846. Louis-Hyacinthe Léonard, nommé en 1846. Pierre Jourdain, nommé en 1859, mort en 1879. Antoine Malepeyre, nommé en 1880, mort en 1885. Pierre Lebayle, nommé. en 1886. Hyacinthe Lagoutte en 1887.

L'église de Pontarion conserve les tombeaux de plusieurs des seigneurs du lieu. Pierre de Chastaignat y fut inhumé en 1720, il avait été colonel du régiment de Charost, chevalier de Saint-Louis, etc. Son frère, Charles de Chastaignat, seigneur de Masléon et de Pontarion, grand prévôt du Limousin, assistait à son enterrement. Jean de Chastaignat, seigneur de Neuvic et de Pontarion y fut aussi inhumé en 1745, à un moment où cette église était interdite. On y trouve encore le tombeau d'un membre de la famille de Corbier.

Pontarion avait une charte communale dès le XIIIe siècle, et des documents cités par d'Hozier, dans la généalogie de Chamborand lui donnent le nom de Ville franche de Ponta­rion en 1250.

Un état des paroisses de la généralité de Limoges, nous apprend que Pontarion « payait en 1680, 1,227 livres d'impositions; en 1681, 1,280 livres; en 1682, 1,260 livres; en 1683, 1,362 livres; en 1684, '1,320 livres ; en 1685, 1,140 livres; en 1686, 1,090 livres. La paroisse avait alors 40 feux, et le seigneur du lieu était le comte de Groas ».

Au point de vue judiciaire, ce lieu dépendait de la sénéchaussée de Montmorillon et se régissait par la coutume du Poitou. Au point de vue administratif et financier, il appartenait à la généralité de Limoges comme toute l'élection de Bourganeuf, composée de 79 collectes.

Peu d'événements historiques se rapportent à cette paroisse ; on peut tout au plus citer les deux suivants :

Aimeric, évêque de Limoges (1246-1272), fut pris par les gens du comte de la Marche. Le fait se produisit probablement au cours des démêlés entre ce seigneur et le prélat, au sujet des comptes de la gestion de la Régale, dont les profits paraissaient avoir été à plusieurs reprises cédés ou donnés par le roi au comte. Aussitôt que les consuls de Saint-Léonard apprirent cette nouvelle, ils convoquèrent la commune, et la milice tout entière prit le chemin de Pontarion où le prélat était retenu prisonnier. Mais le comte de la Marche avait déjà ordonné de mettre Aimeric en liberté, et sa prison venait de s'ouvrir lorsque arrivèrent les troupes de Saint-­Léonard. (L. Guibert, Bull. Soc. arch. Limoges. XXXVII, 92).

Après la bataille de Coutras, en 1587, un nommé Lamorie qui faisait la guerre pour le roi de Navarre, fut chargé à Pontarion par Charon, gentilhomme du pays, réuni à quelques autres nobles de la Haute-Marche et du Berri. Dans ce combat furent tués, du côté des assaillants, un honnête gentilhomme, le sieur de Saint-Priest, gouverneur de Guéret, le sieur de Piégu et le sieur de Puyrageon. Au sortir de cette affaire, Lamorie et ses compagnons allèrent surprendre Châteauponsac. (Joullietton, Hist. de la Marche, I, 333).

En 1789, les habitants de celle paroisse se réunirent au bourg de Pontarion le 25 mars, en assemblée générale, pour rédiger le cahier des doléances. Ce cahier a été publié dans les Mémoires de la Société des sciences de la Creuse, tome VI, page 178.

Le château de Pontarion semble être une construction du XVe siècle. Il était composé de bâtiments flanqués de tours rondes à mâchicoulis, et de murs crénelés, bordant une vaste cour, au milieu de laquelle on remarque actuellement un fort beau chêne. M Mazet a donné aux Mémoires de la Société des sciences de la Creuse deux remarquables dessins de la partie de ce château qui existe encore.

Raymond d'Aubusson, chef de la branche de la Borne, était seigneur de Pontarion en 1249, et son fils Ranulfe d'Aubus­son, seigneur de la Borne, du Monteil-au-Vicomte, de Pontarion, etc., devint l'époux de Seguine de Pierrebuffière. (Nobil. Lim. 1, 66).

Les comtes de la Marche en sont ensuite les plus anciens seigneurs connus. On trouve une donation des domaines de Saint-Hilaire et de Pontarion, faite par le roi de France en 1310, à Jeanne de la Marche, sœur de Guy. (Documents historiques, I, 205). Ce Guy de Lusignan, comte de la Marche, possédait aussi les fiefs de Peyrat-le-Château et de Saint-Hilaire, qui ont été longtemps unis à celui de Pontarion. (Nobil. Lim., lit, 168).

En 1365, Geoffroy de Mortemart est seigneur de Pontarion et de Peyrat. Ses armes sont : ondé d'argent et de gueules de six pièces, brisé à la première pièce d'argent d'une belette de sable au premier canton. Geoffroy et son fils Guy vendirent Peyrat et Pontarion au suivant.          

Guy Aubert, seigneur des Monts, frère du pape Innocent VI, acquit Peyrat et Pontarion en 1364, moyennant 26,400 livres. Il ne paraît pas l'avoir gardé plus de quatre ans. Ses armes sont : de gueules au, lion d'argent à la bande d'azur, brochant sur le tout; au chef de gueules soutenu d'azur, chargé de trois coquilles d'argent.

Pierre Besse de Bellefaye est seigneur de Pontarion en 1378. Il porte d'azur au chevron d'or.

La seigneurie de Pontarion passa ensuite dans la maison de Pierrebuffière, selon toute probabilité par le mariage de Hyacinthe de Besse, dame de Bellefaye, avec Jean de Pierre­buffière, vers 1390 (Nob. Lim. 1, 322, et 111, 330). Mais une partie de cette seigneurie, qui revint cependant tout entière aux Pierrebuffière, appartint aux d'Aubusson : Renaud d'Aubusson était seigneur du Monteil-au-Vicomte et de Pontarion en 1412 ; son fils Antoine fut père de Jeanne d'Aubusson, dame de Pontarion, qui épousa Foucaud ou Bos de Pierre­ buffière, rapporté plus bas. Aubusson porte : d'or à la croix ancrée de gueules.

Louis de Pierrebuffière, fils de Jean et de Hyacinthe Besse de Bellefaye, était seigneur de Peyrat et de Pontarion en 1413 et 1418. (Nobil. Lim., III, 330). Foucaud ou Bos de Pierre-buffière, seigneur de Pontarion, épousa le 13 juillet 1490, Jeanne d'Aubusson, dame de Pontarion. François de Pierre-Buffière, frère de Foucaud, est dit seigneur de Pontarion en 1548, son fils, Jean-Geoffroy en 1569, et Philippe, son petit-fils, en 1582. Pierrebuffière porte : d'or au lion  de sable lampassé de gueules, alias de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules.

Vers la fin du XVIe siècle, deux actes nous font connaître le changement de seigneur : en 1570, vente de la terre de Pontarion, distraite de Peyrat au chapitre de Saint-Étienne de Limoges par le baron de Peyrat de Pierrebuffière. (Bul. soc. arch. Lim., XXXVIII, 401). - Par acte du 2 mars 1608, une dame de Pierrebuffière (sans doute Anne de Pons, veuve ­en premières noces de Philippe de Pierrebuffière, ci-dessus, et en second mariage, d'Abel de Pierrebuffière), vendit la seigneurie de Pontarion à messire Jean du Chemin.

Jean du Chemin, originaire de Treignac, était évêque de Condom. Par son testament du 1er décembre 1615, son neveu, Théophile du Chemin, devint propriétaire de Pontarion. Ce dernier céda une partie de la succession de son oncle en faveur du mariage de son frère Antoine, baron de Lauraët et de Puygordin, avec Françoise de Gélas en 1618. Du Chemin porte : d'azur à la faste d'argent, chargée de trois coquilles de sable, accompagnée en chef de deux étoiles d'or, et en pointe d'un croissant d'argent.

Pontarion passa ensuite, probablement par mariage ou succession, dans la famille de Biran d'Armagnac, comte de Goas, car en 1655, il fut consenti, en faveur de messire Louis de Biran d'Armagnac, différentes reconnaissances, qui sont au terrier de Pontarion. (Arch. de la Creuse. E. 136.) Jean de Biran d'Armagnac, comte de Goas, le vendit en 1719 aux suivants.

Jean de Chastagnac  seigneur de Neuvic et Joseph, sieur de Masléon, achetèrent la terre et la baronnie de Pontarion, par acte passé le 14 octobre 1719, devant Étienne, notaire à Limoges, moyennant 100,000 livres. Chastagnac porte : d'or à l'arbre (châtaignier) de sinople sur une terrasse d'argent, accosté de deux lions détournés de gueules.

Jean-Michel de Corbier, épousa, par contrat passé au château de Pontarion, le 8 mars 1743, Marie de Chastagnac, qui lui porta Pontarion. Cette famille l'a conservé, sauf quelques démembrements, jusqu'en 1836. Ses armes sont : écartelé, aux 1e  et 4e d'azur au besant d'or, aux 2e et 3e coupé d'or et de gueules.

Le château de Pontarion appartient aujourd'hui à Mme veuve Lavaud.

 

Les villages de cette commune sont

Bruges (Les). Château-Gaillard. Font-Froide Maison-Rouge. Pont du Grand Vallet(Le)

 

Notice par P. Valadeau

NOUVEAU DICTIONNAIRE Historique, Géographique & statistique Illustré de la Creuse.

Les Éditions De La Tour (1892)

PONTARION 

La com. de Pontarion a une sup. de 517 hect. et une pop. de 502 habit.; elle comprend 5 vil. Son ch.-l., Pontarion (101 m. 474 h.), ch.-l. de canton, sur le Thaurion, est traversé par la route nat. n° 141 de Clermont à Saintes et par la route départ. n° 6 de Bourganeuf à Evaux; il est à 11 kil. de Bourganeuf, son arr.

Le cant. de Pontarion a 19,746 hect. de sup. et une pop. de 9,862 habit.; il se compose de 10 com. et de 219 vil.

Les communes de ce canton sont :

La Chapelle-Saint-Martial, Janaillat, Pontarion, La Pouge, Saint-Eloy, Saint- Georges-la-Pouge, Saint-Hilaire-le-Château, Sardent, Thauron, Vidaillat.

 

Justice de Paix. - Audience les lundis.

École double avec une adjointe.

B. de P. et T.

Stat. - Bourganeuf, 10 kil.

Fête. - Saint-Blaise, 3 février, D. S.

Foires. – 12  janv., 12 mai, 3e jeudi de juin et 7 sept.

 

    HIST. - Avant la Révolution, Pontarion faisait partie du Poi­tou, de la gén. de Limoges, de la sénéch. de Montmorillon et de l'archip. de Bénévent.

Entre 1585 et 1588, le seigneur de Saint-Priest, gouverneur de Guéret, fut tué à Pontarion, en combattant contre les parti­sans du roi de Navarre.

On remarque, à Pontarion, un beau pont sur le Thaurion et « un château à demi-ruiné du XVe siècle dont les murs crénelés et les bâtiments, flanqués de tours rondes, bordent en partie une cour au milieu de laquelle s'élève un chère remarquable par sa grosseur ». (A. Joanne..- Géographie de la Creuse.)

En 1770, ce château appartenait à M. de Corbier, qui était seigneur justicier direct de la paroisse.

 

Les villages de cette commune sont

Château-Gaillard. - 2 m. 11 h. ; Les Bruges. - 1 m. 6 h. ; Le Pont-du-Grand-Vallet. -1 m. 4 h. ;
Le Moulin. - 1 m. 4h.    
                

   
         
     

Jean-Luc JOLY