Toponymes de Saint-Germain-Beaupré sur l'I.G.N. en 2004 :
comm  Saint-Germain-Beaupré ecar  le Petit Dognon ecar  Robinson ld  les Pierres Blanches
ecar  Forgevieille ecar  le Peux ld  Goutte Morte riv  Ruisseau du Gast
ecar  L'Étang ecar  le Pradeau ld  L'Ardelle Germain sur Sedelle
ecar  la Brauderie ecar  les Grotonnières ld  le Chambrement bois  Bois de la Forge
ecar  la Maisonbraud ecar  les Petites Chapelles ld  le Communal bois  Forêt de Saint-Germain
ecar  la Roche ecar  Lourioux ld  le Peu Brun eau  Étang de Champville
ecar  la Tuilerie ecar  Peubrot ld  les Chaumes eau  L'Étang Carré
ecar  la Vergne ecar  Pierrefitte ld  les Côtes
ecar  le Moulin du Bois ecar  Proge ld  les Morts
Notice de l'abbée Lecler (1902)
[ Pages 630 et 633 ]

SAINT-GERMAIN-BEAUPRÉ est une commune du canton de la Souterraine, qui a 846 habitants.
Sa superficie est de 1,712 hectares, et son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 362 mètres au village de Forgevieille.
Le chef-lieu de cette commune a toujours porté le nom de Saint-Germain :
Sanctus Gennanus, 1215. (Ch. d'Aubignac.)
Saint Germayn, vers 1250. (D'Hozier, Généal. de Chamborant.)
Ecclesia sancti Germani, 1302. (E. Fun. nobles.)
Saint-Germain-las-Forets, 1361.
Capellanus sancti Germani, XIV° siècle. (Pouillé.) 1441. (Ch. de la Souterraine.)
Dominas sancti Germani, 1466. (Gaignières, 186, p. 128.)

Saint-Germain-Beaupré était une cure de l'ancien archiprêtré de Rancon, ayant au siècle dernier 380 communiants, ce qui suppose 507 habitants. Son patron est Saint-Germain d'Auxerre, fêté le 31 juillet. L'aquilaire du chapitre du Dorat y a nommé un titulaire en 1471, 1483, 1669, 1699, 1706, 1711.
N... Patellot était curé de Saint-Germain-Beaupré en 1614. Annet Peschans en 1668, mort en 1699. N... de Chaumont en 1699. Pierre Amillot, mort .en mars 1706. Dom Sébastien Percheron, barnabite, 1706. N... Meaulme, 1706. N... Olivier, 1711. N... Rossignol, 1749. Gabriel, alias Joseph de Chatelus, 1758, d'abord vicaire régent, puis curé, fut condamné à la déportation pendant la Révolution. Au rétablissement du culte, Silvain Molgon fut curé de Saint-Germain-Beaupré et mourut en 1835.
Paul Ratier, 1836-1872, a publié en 1862: Le Château de Saint-Germain-Beaupré. (Limoges, H. Ducourtieux, in-8). Victor Cazeaud, 1872, 1883. Agricol Vernoux, 1883. Charles Ragon, 1898.

La partie la plus intéressante de l'église de Saint-Germain-Beaupré est sa chapelle seigneuriale à voûte flamboyante de fines arêtes d'ogive.
Dans son pavé, une pierre tombale porte un écusson chargé d'une fleur de lis. La chapelle de la Sainte-Vierge a un rétable en bois du XVIII° siècle. On y trouve aussi cette inscription :
« Ci-gist le corps de Nicolle Arland, vivant femme de Jehan Grange, Mre jardinier de M le Ms de St Germain, qui décéda le 24 7bre 1629, pour laquelle ledit Grange a donné à Mre Annet Péchans, curé de ce lieu, et à ses successeurs un pré au lieu des Plumes, à la charge que les dits curés chanteront, à perpétuité, tous les dimanches, un libera sur le tombeau de ladite défunte, et les cinq principales fêtes de Nostre Dame les litanies de la Sainte Vierge, ainsi qu'ils sont obligés par le contrat passé devant Me Silvain Brusletourte, notaire royal. Priez Dieu pour son âme.»

Le clocher semble être la reproduction réduite d'une des tours du château. Au moment de la Révolution, il avait deux cloches. L'une d'elles fut, prise en vertu de la loi du 23 juillet 1793. L'autre, qui a été refondue en 1869, datait de 1773 et avait eu pour parrain : « Haut et puissant seigneur Anné- Nicolas Doublet de Persan, chevalier, marquis de Persan, et de ce dit lieu de St-Germain, comte de Dun, de Crozant et des Places, seigneur de St-Aubain-sur-Yonne, seigneur du Plessis, de Langroue, du Gazeau, La Ligne, Pierrefitte, Mandrezat et aultres lieux, conseiller du roi en ses conseils, maistre des requestes ordinaire de son hôtel, conseiller ho-noraire du parlement de Paris. Et marraine, haute et puissante dame Marie-Victoire Boucher, représentée par haut et puissant seigneur Louis-François-Marie-Honorine de Rochechouard-Pontville, comte de Rochechouard, baron des Bâtiments, seigneur de Challiat, la Celle, Bridier, Rhode, Mondon, Lavaupot et aultres lieux, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, brigadier des armées de Sa Majesté, mari et époux de ladite dame marraine, qui ont nommé ladite cloche Anne-Marie-Victoire.»

Aujourd'hui on y trouve trois cloches qui portent les inscriptions suivantes :
« † Saint-Germain-Beaupré, l'an 1846. Nommée Louise- Elisa par L. Raoul, comte de Villemotte, et Louise Demotor, comtesse de Villemotte, Dumonteil, J.-B. Ducolombier, E. Baraille. A. Montaudon, J. Delage. André Janoty. F. Boussardon. J.-B. Tolmer. L.-J Péricaud, maire. J.-Paul Ratier, curé de La paroisse.  Emile Mutel, a  Brevanne, Haute-Marne. »
«  † Saint-Germain-Beaupré, l'an 1846. Nommée Julie Constance par J.-B.-J. Martin Lignac. Edmond Rapin. J-B Rillardon. H. Rillardon. Billoux. F. Pâquet. A. Doucet. A. Boussardon. H. Lacote. J. Pércaud, maire. J.-P. Ratier, curé de la paroisse. Emile Mulet. »
«  † J'ai été bénite l'an 1869 et nommée Marie par M. P.-F. Berthomier, maire, et par ma marraine Marie Dumonteil. M. Léon LOIRAUD.
Gle Montaudon. J. de Lignac Cte J. d'Honorati  G.Lavallière. Maisonneuve. C.E. Beauvais.L.C.E. Laroche.J.Marié. A. Rillardon. J. Janoty. S. Doucet. J.Delage. Berger. C-A Nadaud. J. Dumet. Pille. Chaput. Georges Der. Paul Ratier, curé.  Bollée et ses fils fondeurs à Orléans 1869.»

La famille Foucaud possédait Saint-Germain-Beaupré depuis le XI° siècle. L'ancien château, qui fut assiégé et démoli pendant les guerres de religion, fut remplacé vers le milieu du XVI° siècle par celui qui existe encore en partie. Peut-être ce dernier a-t-il été bâti par Gabriel Foucaud, époux de Françoise de Villelume, car on y trouve leurs armes : d'azur, semé de fleurs de lis d'or, qui est de Foucaud,
et d'azur à dix besants d'argent posés 4, 3, 2 et 1, qui est de Villelume. Ce château formait un pentagone irrégulier flanqué de tours aux angles, et reliées entre elles par des bâtiments. Aujourd'hui il conserve seulement trois corps de bâtiments et trois grosses tours, mesurant chacune 38 mètres de hauteur jusqu'aux toitures. Les autres tours et corps de bâtiments ont été relevé en terrasses et gardent exactement la forme de l'ancienne construction pentagonale entourée de ses fossés. L'ancien système de défense, à peu près intact, consiste en un double fossé d'eaux vives entourant le château, un étang au nord-est et un pont bastionné au sud-ouest. A la mort du dernier des Foucaud, époux d'Anne-Bonne Doublet de Persan, en 1752, Saint-Germain-Beaupré passa à sa fille Anne-Françoise; et fut ensuite vendu, en 1772, à son cousin-germain, Nicolas Doublet, marquis de Persan, pour la somme de 500,000 livres.
Cette famille porte : d'azur à 3 doublets (insectes) d'or, volant en bande, 2 et 1. Le château et ses dépendances immédiates furent achetés, par contrat du 28 février 1792, moyennant 88,000 livres, par M. Martin-Ducouret, qui devint président du district de La Souterraine.
En 1810, il fut acquis par M. de Grimould, comte de Villemote ; en 1848, par M. le comte Honorati ; enfin, en 1860, par M. Berthomier, qui, de 1872 à 1886, a fait exécuter la restauration partielle de ce château.
Plusieurs souvenirs se rattachent à cette résidence. Henri IV, revenant de Limoges, y arriva le 24 octobre 1605, accompagné d'une nombreuse suite, y coucha et repartit le lendemain. Le 21 octobre 1666, Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, si connue dans l'histoire sous le nom de la Grande Mademoiselle, vint en visite « au château de Saint-Germain-Beaupré, qui est très beau, très magnifique, et sent bien sa maison de grand seigneur », dit-elle dans ses Mémoires. Elle y resta deux jours. Ce château possédait une belle collection de tableaux et de portraits. M. le comte de Villemote les a légués au musée de la ville de Blois, où on les conserve actuellement. Henri de Foucaud obtint l'érection en marquisat de la seigneurie de Saint-Germain-Beaupré, par lettres du mois d'août 1645. Dès lors, l'aîné de la famille, possédant cette terre, prit le titre de marquis, et le cadet celui de comte. C'est sous le nom de comte du Doignon que Louis de Foucaud, frère d'Henri, est, connu dans l'histoire; il fut vice- amiral et ensuite maréchal de France. On possède encore à Saint-Germain-Beaupré un petit canon en bronze portant les armes de l'amiral comte du Doignon ; l'écusson est semé ce fleurs de lis avec deux ancres croisées. Des membres de cette famille, réfugiés en Italie pendant la Révolution française, y sont restés et y sont encore honorablement connus. Leur représentant actuel est M. François de Foucaud, comte du Doignon (Daugnon), habitant la ville de Milan.

Les villages de cette commune sont :

Brauderie (La). La Braudie en 1694, On a découvert, en octobre 1888, dans le champ du Peyroux, près de ce village, une centaine d'urnes en poterie, rangées en cercle autour d'une boite en pierre, contenant elle-même une urne. Le tout a été cassé et dispersé. Une bague en or, recueillie parmi ces débris, est conservée au musée de Guéret.
Chapelles (Les), alias Les Petites- Chapelles, et jadis Chapelle-Mont- Roger. Voir l'article Saint-Aignan- de-Versillac, où il en est parlé.
Château (Le). Prés du château de Saint-Germain, dont il est parlé ci-dessus, on a trouvé, dans le champ de la Faisanderie, une belle pointe en silex, longue de0,10 centimètres. Une hache en silex avait déjà été recueillie à peu de distance de ce lieu, en 1890. A 500 mètres environ au sud du bourg, près du coin du bois de la Forge, existe un souterrain de l'époque gauloise.
Dognon (Le), alias Le Petit-Dognon, sur la limite de la commune de Bazelat. C'est de ce lieu que la branche des Foucaud du Doignon tire son nom. Louise-Marie Foucaud, fille de Louis Foucaud, comte du Doignon, « ayant entrepris d'établir un ressort dans sa justice du Doignon, et les officiers de la sénéchaussée de Guéret lui en ayant contesté le droit, ce prétendu ressort fut supprimé par arrêt du parlement du mois d'août 1672, et ordonné que ladite justice continuerait de relever en entier de la sénéchaussée de Guéret. ».
Forgevieille. Près de ce village se trouve la gare du chemin de fer portant ce nom.
Maison-Braud (La). Une sépulture gallo-romaine, dans une boîte en pierre, a été trouvée dans ce village en 1888. Il y avait en ce lieu le pavillon du garde général de la propriété de Saint-Germain-Beaupré ; il a été démoli en 1879.

Grotonnières (Les). Peux-Braud. Proges.
Lorioux. Peux-Vosserie (Le). Roche (La).
Moulin-du-Bois (Le). Pierrefitte. Tuilerie (La).